Les centrales syndicales revendiquent, Macky riposte

2 mai 2017
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Comme à l’accoutumée, les centrales syndicales ont remis hier leurs cahiers de doléances au chef de l’État, à l’occasion de la fête du travail. Une occasion saisie par les centrales syndicales pour revenir sur leurs revendications, même si le Président Macky Sall les invite à privilégier le dialogue et non la confrontation.

Par Cheikh Ndong  – À l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré hier la fête du travail. À cette occasion, le président de la République a reçu les 23 centrales syndicales du pays pour la traditionnelle cérémonie de remise des cahiers de doléances. Le secrétaire général de la Cnts-Fc, Cheikh Diop, en a profité pour axer son propos sur trois points à savoir, l’état du dialogue social, le parachèvement des mauvaises politiques de privatisation et les droits et libertés. En ce qui concerne le passif social, Cheikh Diop a estimé que la mise en œuvre des politiques publiques porteuses de progrès par le gouvernement ne laisse pas indifférents les syndicalistes. «Il y a des mesures prises concernant les ex travailleurs, mais il y a le passif social des travailleurs actifs. Attaquons-nous à ce passif social pour que cette volonté sociale puisse avoir un effet immédiat», a-t-il revendiqué devant le chef de l’État. Le Sg de la Cnts-Fc a aussi évoqué la gestion de la Sodefitex tout en invitant le chef de l’État à y rejeter un coup d’œil. Selon lui, la société recule. À l’en croire, elle avait une capacité de production de 150.000 tonnes et elle est maintenant à 15.000 tonnes. Cheikh Diop a aussi alerté sur le non respect des droits des travailleurs dans les projets gérés par les asiatiques. Selon lui, les droits destravailleurssont foulés au pied. Dans son temps de parole devant le Pré- sident Sall à l’occasion de la présentation des cahiers de doléances en cette journée de fête du travail, le Sg du Fgts a regretté le triste sort des policiersradiés en 1987. Sidya Ndiaye a invité le chef de l’État à faire preuve de générosité envers ces pères de famille confrontés à une retraite difficile, avec notamment plus de 6 ans non comptabilisés. Il a aussi appelé au respect par l’État des accordssignés avec lessyndicats de l’éducation et de la santé. Pour le Sg de l’Unsas, Mademba Sock, toutes les bonnes initiatives engagées par les pouvoirs publics demeurent encore insuffisantes tant les défis relevés demeurent nombreux et complexes. À son avis, le gouvernement doit agir vite pour abréger la misère desretraités. Et d’ajouter : «il est dommage qu’au niveau de l’Enseignement supérieur nous continuons à avoir des problèmes liés à l’application des retraites. Et nous nous voyons bien obligés d’aller la semaine prochaine en mouvement d’humeur». Cette déclaration a fait réagir instantanément le chef de l’État. Il coupe la parole à Mademba Sock et l’interpelle en cestermes: «Je voudrais quand même comprendre, la conférence a traité de façon complète la question de la retraite. Pourquoi ils voudraient avoir une négociation sectorielle ?». Le syndicaliste de répondre : «Parce qu’il y avait des particularités, et je pense qu’ils avaient entamé des négociations et le gouvernemental était d’accord pour examiner leurs cas de façon particulière, y comprisla confé- rence sociale, et a renvoyé à destribunes de négociations». Non satisfait d’une telle réponse, Macky Sall réplique : «Oui, mais les solutions préconisées prennent en compte les par- ticularités, puisqu’avec lessolutions don- nées sur l’augmentation, la retraite com- plémentaire et la retraite supplémentaire, ils trouveront une solution. Il reste juste à mettre en œuvre. Mais s’ils veulent aller en grève pour cela, ils n’ont qu’à y aller». Pour le chef de l’État, quand on fait des efforts, on ne peut pas récolter cette réaction de la part des syndicats, cela n’encourage pas le gouvernement. «On ne peut pas faire tous ces efforts, et les gens comme réponse, disent qu’ils vont en grève. C’est difficile dans l’esprit du dialogue, mais je croyais que l’on avait réglé cette situation. On définit un cadre où tout le monde peut trouverson intérêt et réglerson problème», dira le Président Sall, visiblement énervé.

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