MONDE RURAL – La famine frappe aux portes des ménages

12 mai 2017
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La situation alimentaire est plus qu’alarmante pour bon nombre de familles paysannes dont certaines n’arrivent à manger à leur faire ou à assurer les trois repas quotidiens à cause d’un déficit céréalier sévère consécutif aux mauvaises récoltes de cette année.

Par Mamadou SARR

« Ce sont 46, 7% de la population sénégalaise qui vit dans la pauvreté, avec une incidence très élevée de 57, 3% en zone rurale », soit prés de 6,3 millions de personnes sur les 1 millions de Sénégalais, selon une étude récente du très sérieux laboratoire : le Consortium pour a recherche économique et sociale (Cres).Le Cres ajoute qu’en zone rurale deux habitants sur trois sont pauvres, c’est dire donc que la pauvreté au Sénégal est rurale.

Récemment, un responsable du Commissariat à la sécurité alimentaire, en visite à Kaolack (centre) a avoué que l’insécurité alimentaire menace prés d’un million de Sénégalais dans plusieurs régions du pays à cause d’un hivernage catastrophique. En disant cela, il a reconnu tout haut, ce que tout le monde pensait tout bas. Ainsi donc, le Sénégal rejoint la longue liste des pays africains où des millions de personnes sont en situation d’urgence alimentaire comme le Tchad, le Nigéria, le Kenya etc.

Concernant, le Sénégal,   un petit tour dans les villages permet de se rendre compte que les ruraux font face à un déficit céréalier d’une rare ampleur. C’est le cas dans beaucoup de localités jadis connues pour leur surproduction céréalières. C’est le cas des régions sud-est comme Tambacounda et Kédougou.

ARRET PRECOCE DES PLUIES

En effet, l’arrêt précoce des pluies de l’hivernage passé a réduit à néant l’espoir que nourrissaient beaucoup de producteurs. Malheureusement à l’arrivée, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Conséquence, beaucoup de paysans dont une très grande majorité d’agriculteurs familiaux, c’est-à dire qui cultivent dans l’unique but de pouvoir nourrir leur famille avant de penser à commercialiser le surplus accusent un déficit céréalier criard.

Certains d’entre eux, ont déjà épuisé leurs stocks de vivres. Ainsi mois seulement, après la fin de la saison des pluies certains paysans sénégalais sont frappés de plein fouet par la famine annonçant une longue et dure période de soudure aussi bien pour les hommes que le cheptel. Et cela, à quelques encablures du démarrage des opérations de défrichage en vue de préparer la prochaine saison des pluies.

«  Nous avions beaucoup d’espoir pour l’hivernage de cette année. Malheureusement, les pluies se sont arrêtées très tôt. C’est pourquoi, les cultures ne sont pas terminées leur cycle », raconte avec une pointe de désenchantement qui se lit sur son regard, Kory Tine, un paysan de 47 ans , mais qui semble en avoir plus. Ce grand gaillard aux dont la barbe mal taillée mange le visage, les yeux couverts de cernes à cause de la fatigue porte un couvre-chef, non pas pour faire chic, mais pour se couvrir des rayons solaires ardentes. Nous l’avons rencontré, dans un marché à bestiaux où , il était entrain d’écouler un moutons et une chèvre puisés dans son cheptel pour se faire de l’argent.

«  Vous voyez, continue-t-il, entre d’un marchandages, ceux qui ont encore des animaux sont obligés de vendre quelques uns pour acheter du mil ou du maîs pour survivre ». A ce ryhme, c’est l’autosuffisance en moutons ou en chêvres qui risque d’être compromise ou retardée.

Dans les marchés de kaolack, la tension sur les prix des céréales de consommation courante est perceptible. A titre d’exemple, le kilogramme de mil est entre 225 et 175 francs , selon les zones. Pour ce qui est du sorgho et le maîs, les commerçants affichent invariablement 250 francs le kilogramme.

EXODE RURAL

«  Pour moi, l’hivernage de cette année a été la pure des récoltes. J’ai épuisé ma récolte de mil qui est l’aliment de base du paysan depuis décembre », affirme résigné Mousa Diouf , un paysan de Ndour Ndour la commune rurale de Mbadakhoune, région de Kaolack. Dans cette localité , la moitié des chefs de carrés, unité socio économique de base dans le monde rurale sont dans la même situation. Dire donc que le déficit céréalier est énorme et inquiète au plus haut point les masses rurales.

Une des conséquences de cette famine qui frappe le monde rural est que les campagne se vident de leurs bras valides. En effet, les jeunes campagnards qui constituent la force de travail dans les villages quittent au profit des villes industrialisées et modernes comme Dakar, Thiés, Kaolack St –Louis etc.C’est ce que les géographes désignent sous le vocable d’exode rural. En effet, le mirage de la ville où l’on peut gagner de l’argent facilement et l’apparente aisance qu’affichent certains de retour à la campagne ont contribué à faire croire aux ruraux que la solution face aux difficultés qui assaillent le monde rural , c’est l’exode rural. «  Il vaut mieux vivre de petites en ville que de rester ici », avoue sans gêne Sitor Ndour, un paysan de Mbellacadiao.

 

 

 

 

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