PÉTROLE – Le Sénégal à la traîne

11 mai 2017
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La question pétrolière est devenue une problé- matique préoccupante. Dans les cinq années à venir, l’architecture socio-économique de notre pays sera bouleversée pour ne pas dire déstructurée par la production de gaz et de pétrole

Par Rokhaya Nar Diop – En investissant, à l’heure d’au- jourd’hui, 350 millions de dol- lars américain pour l’explo- ration de deux puits de pétrole et de gaz (les projets Yaakar 1 et Tortue), La question pétrolière est devenue une problé- matique préoccupante. Dans les cinq années à venir, l’architecture socio-économique de notre pays sera bouleversée pour ne pas dire déstructurée par la production de gaz et de pétrole. LEÇON DU JOUR Ya Rabbi As-Alouka Khayra Hazal Yawmi Allah je sollicite auprès de vous le meilleur de la journée Par Oustaz Assane SECK Kosmos Energy a pris des risques majeurs. En direction des prochaines phases liées au forage, au développement et à la production, l’investissement ira crescendo pour atteindre au bas mot 25 milliards de dollars américain. Somme astronomique. L’État, à travers sa compagnie nationale, Pétrosen, aura-t-il les reins suffisamment solides pour suivre la cadence financière imposée par les compagnies internationales que sont Kosmos Energy et depuis peu Total. Avec douze mille kilomètre carré exploités, Kosmos Energy a mis les pleins gaz pour parvenir à 100% de réussite dans le cadre de l’exploration pétrolière au Sénégal. Cette phase dépassée, elle a pactisé avec BP pour faire face aux immenses besoins financiers requis pour le développement et la production. Pendant ce temps que fait l’État du Sénégal ? Il tâtonne. Nous n’avons ni plan de développement stratégique du secteur pétrolier ni réglementation pétrolière. Pourtant, au moment où nous écrivons ces lignes, près de soixante sociétés spécialisées dans la sous-traitance se sont donné rendezvous à Dakar pour se pencher sur ce qu’elles auront à faire au Sénégal. Des équipements à la commercialisation, du transport du personnel au transport des maté- riaux spécialisés, des infrastructures aux études d’impact, de la négociation des contrats sectoriels à la définition d’un cadre juridique spécifique à même de niveler le produit intérieur brut avec le futur indice de développement humain, le domaine du pétrole a des exigences que l’État semble ignorer. Nous risquons d’être phagocytés. Seul satisfécit au tableau : la ré- flexion en cours au niveau du Conseil économique et social et environnemental. Pour avoir signé une convention avec l’Institut français du pétrole, le Président Sall pense à mettre à la disposition des investisseurs une main d’œuvre bien formée mais opérationnelle juste pour le secteur des services, car sur les plateformes travailleront essentiellement des Chinois, des Sud-américains et des Philippins. Les lenteurs sur le devenir de la SAR voire la décision de créer une autre raffinerie plus performante sont à décrier. Notre Code pétrolier date de 1998 mais il a l’impertinence de ne pas prendre en compte la réalité du terrain puisqu’il était conçu pour attirer les investisseurs. Ne devant ni copier la législation de pays autres ou faire des textes aériens, le Sénégal est tenu de définir le contenu local de sa prochaine histoire pé- trolière avant de penser à son cadre institutionnel. Ainsi, la mise en place d’un fonds souverain et ou de stabilité chargé de capter les recettes pétrolières avant leur redistribution est un impératif. À relever que la distribution directe reste la meilleure pratique. L’État du Sénégal doit prendre très au sérieux la problé- matique du pétrole et faire de la transparence une exigence dans la gestion des dossiers

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