Il ne fait aucun doute qu’entre le Congrès de 1996 et la perte du pouvoir, le Parti socialiste a connu des cycles d’effritement dans ses rangs. Suite aux départs de Djibo Kâ en 1998 et de Moustapha Niasse en 1999, le premier parti politique du Sénégal n’a cessé de faire face à de véritables soucis. Et, les crises persistantes chez les ‘’enfants’’ de Senghor vont une fois de plus porté un sacré coup électoral à cette formation politique lors des prochaines législatives de 2017 et surtout la présidentielle de 2019 puisqu’il s’agira pour de hauts responsables, militants et sympathisants de choisir entre deux camps : Le Ps au pouvoir et le Ps dans l’opposition.

Entre 1960 et 2000, le Parti socialiste (Ps) a dominé le jeu dans le landerneau politique sénégalais. Sans conteste, le premier parti politique du Sénégal aura gagné toutes les élections législatives et présidentielles. Ce n’est qu’en 2000 que le Président Abdou Diouf perdit le pouvoir devant Me Abdoulaye Wade. Mais, cette perte devant le plus grand opposant de l’histoire politique sénégalaise se comprend aisément. En effet, suite à la démission de Senghor le 31 décembre 1980 suivie de l’arrivée de Diouf au plus sommet du pouvoir, le Ps n’a cessé de faire face à des problèmes internes. Très tôt, les guerres de tendances ont fait légion et les frustrations commençaient à gagner nombre de responsables. Ce qui avait d’ailleurs conduit le groupe des Djibo Kâ et autres, à penser à la création d’un courant de pensées interne pour faire face.

Ce qui a continué jusqu’au fameux Congrès sans débats de 1996 qui allait sonner une ‘’révolution’’ interne au Ps. Car, comme ce fut le cas avec Babacar Bâ qui était comme le véritable successeur de Senghor, Abdou Diouf court-circuita tout les prétendants au profit d’Ousmane Tanor Dieng. Et, ce qui devait arriver arriva. En 1998, Djibo Kâ quitte le parti et crée l’Union pour le renouveau démocratique (Urd) suivi de Moustapha Niasse en 1999 qui lança l’Alliance des forces de progrès (Afp). Ces départs – malgré le revirement de l’enfant de Thiarny entre les deux tours de la présidentielle de 2000 – ont été l’une des causes principales de la perte de Diouf. Ce qui est allé crescendo car, d’autres barons socialistes quitteront le navire. Et, avec une base fortement effritée, il était normal de penser et de croire que la première formation politique du pays n’aura plus les ressources pour revenir au pouvoir. 2007 et 2012 restent des dates symboliques avec deux revers du candidat Ousmane Tanor Dieng.

Aujourd’hui encore, bien qu’il faut bien donner des gages de fidélité à Macky Sall au point de mettre en prison d’autres ‘’enfants’’ de Senghor, le Ps ne pourra en aucun cas fournir un électorat conséquent à son allié-Président. Et pour cause, avec des responsables, militants et sympathisants poussés à choisir entre deux camps : Le Ps au pouvoir et le Ps dans l’opposition, Macky Sall n’aura presque rien à gagner. Bien au contraire, éparpillés, les forces essentielles risquent de se retrouver entre les mains des ‘’rebelles’’. Le Sénégalais soutenant toujours ceux qu’ils considèrent comme victimes, il reste et demeure évident qu’ici, les seules victimes sont les ‘’Khalifa Boys’’ qui paient pour leur choix : Celui de refuser de se faire porter des œillères et ne regarder que la direction menant au Palais présidentiel afin de chanter ‘’Fagn, Wathia thian’’ à la gloire du Macky. Dans tous les cas, le grand perdant reste le Ps et les perdants seront tous des ‘’enfants’’ de Senghor.

Abdoulaye Mbow (actunet.sn)

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